Adrien Joseph Michaux dans son Histoire de l’abbaye de Maroilles en Hainaut publiée en 1886 (après sa mort) par la Société Archéologique et Historique de l’Arrondissement d’Avesnes ne parle pas vraiment de la vie de « l’évêque régionnaire » Humbert ( ce saint homme n’est ni un ermite ni un anachorète gyrovague mais un évangélisateur…. ) ( à vos dictionnaires !)

Il attribue la fondation de l’abbaye vers 652 à Radobert, comte de Famars, « vir illuster » ( c’est-à-dire un aristocrate, propriétaire foncier, maire du palais de Clovis II) et signale l’arrivée de Chonebert, nom archaïque d’Humbert, appelé par son ami Saint Amand pour en prendre la direction.

Mais nous sommes là dans une large part dans la légende constituée à partir du IXe siècle (d’ailleurs d’autres légendes concernent sa visite au Pape à Rome et les nombreux faits miraculeux comme la source pour Sainte Aldegonde et l’ours qui remplace le cheval mangé).

Le seul document que Michaux utilise pour évoquer ce premier abbé (fondateur ecclésiastique) est la donation faite vers 671 ou 672 des biens qu’il possédait (par succession) à Mézières-sur-Oise d’où il était originaire. Plus tard, les villages de Marbaix, de Noyelles et de Taisnières vont constituer ce qu’on appelle les « terres de Saint Humbert » car il devait avoir aussi des possessions dans ces villages.

Jean Heuclin

En fait, comme nous l’explique (dans la quatrième de couverture de notre nouvel ouvrage) Jean Heuclin, historien de référence et spécialiste du Moyen-Age (en particulier de la sainte de Maubeuge : sainte Aldegonde) les récits de vie (les « vitae ») de saint Humbert sont, pour la plupart, assez tardifs et sont rédigés dans le contexte des réformes monastiques des Xème et XIème siècle. La première Vita a été écrite après 948 (à la demande de l’évêque Fulbert de Cambrai) puis suivie d’une deuxième rédigée vers 1036.

Le culte du saint se développe à partir de 835 avec la translation de son corps sous l’abbatiat de Rodin.

De nos jours, il est apparu nécessaire de proposer une nouvelle traduction de la Première Vita et grâce au travail de Sabine Racinet, agrégée de Lettres Classiques et docteure en histoire et archéologie, Jean Heuclin nous propose un ouvrage de référence qui fera date, en particulier grâce aux éclairages qu’il apporte au texte.

Vous pourrez découvrir tout cela, lors de la conférence qu’il fera à l’issue de l’Assemblée Générale de la Société Historique du Pays de Maroilles qui aura lieu le dimanche 29 mars à partir de 10 heures, salle polyvalente cour de l’école Maroilles.

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